Utilisation d'énergie temporaire pour résoudre les problèmes d'énergie renouvelable

La sécheresse persistante au Kenya est la cause de nombreuses coupures de courant, car environ 74% de l’électricité kenyane est générée par des centrales hydro-électriques. Les précipitations se font rares depuis un long moment, ce qui a causé une importante baisse dans les niveaux d’eau de nombreux réservoirs fournissant les centrales hydro-électriques du Kenya. Cela affecte gravement la capacité du Kenya à générer un courant suffisant aux besoins de la population et des industries.

Les effets sur les exportations du pays sont catastrophiques, celles-ci étant principalement basées sur des produits frais. Cependant, l’absence de courant stable crée des ravages dans l’irrigation et la température des serres et des maisons de refroidissement. Un courant est nécessaire pour pomper plus d’eau durant les manipulations d’après-récolte et le refroidissement des produits frais. En fait, de nombreuses fermes kenyanes seront obligées de mettre la clé sous la porte si cette crise de courant stable ne s’arrête pas.

Afin de réduire les dégâts sévères causés par les coupures de courant, la compagnie de service public Kenya Electricity Generating Company Ltd (KenGen) a signé des contrats avec des entreprises de location d’énergie, comme Aggreko. Aggreko fournit donc 140 MW d’énergie pour supporter le réseau national afin d’assurer l’approvisionnement d’un courant ininterrompu pour les différentes industries du Kenya et sa population.

Un facteur critique dans la signature de ce contrat était la capacité d’Aggreko à fournir l’équipement nécessaire à la production de 40MW d’énergie dans les 5 premières semaines après la signature du contrat. Le reste de l’équipement étant livré sur site plus tard. Aggreko fournit déjà 150MW d’énergie à KenGen, et fournira bientôt 290MW d’énergie dans le réseau national, après l’installation de 140MW additionnels.

L'énergie temporaire est à la mode.

Il existe une nouvelle demande mondiale traduisant le besoin urgent de centrales électriques temporaires dans les pays en voie de développement qui ont massivement investit dans les centrales hydro-électriques pour bénéficier de leur capacité de chargement. Cela semble être un choix raisonnable, car une fois la centrale hydro-électrique construite et mise en route, il n’y a quasiment pas de coûts de carburants, et le courant produit est injecté dans le réseau national à faible coût. Cependant, la sécheresse qui sévit dans le pays durant ces dernières années a eu un impact négatif sur le niveau d’eau dans de nombreux barrages.

La réduction du niveau de l’eau dans les réservoirs des barrages réduit la quantité d’énergie produite ce qui signifie que les compagnies d’énergie doivent imposer un strict rationnement d’électricité pour élargir sa capacité de chargement disponible. Les compagnies d’énergie feront donc appel à des fournisseurs de centrales électriques temporaires, comme Aggreko, afin d’installer ces centrales dans les plus brefs délais et fournir l’énergie nécessaire au réseau d’électricité national.

En prenant en compte l’environnement et les prix croissants du fuel faisant fonctionner leur centrales électriques, de nombreux gouvernements ont prévu d’élever le niveau d’énergie « propre » dans leur production d’énergie totale. La Chine est un excellent exemple de cet intérêt naissant pour les énergies renouvelables. En effet, le gouvernement chinois pourrait augmenter le niveau prévu d’électricité produite par éoliennes de 50%, allant jusqu’à 150MW, ce qui représente un taux annuel de croissance de 20% depuis 2009. La production d’énergie éolienne requiert de lourds investissements dans les réseaux de transport et distribution, afin de gérer la production d’énergie intermittente des grands parcs éoliens, qui sont installés loin des zones urbaines et développées, grandes consommatrice d’énergie.

Comme les centrales hydro-électriques qui dépendent de l’eau, il est fort probable que la dépendance au vent des parcs éoliens empêche ceux-ci de fournir assez d’électricité et de répondre à la forte demande d’électricité durant certaines saisons où les vents forts se font rares. Ce scénario critique pourrait se dérouler durant un été chaud et humide, quand la force du vent réduit, et les climatiseurs et ventilateurs sont allumés. C’est dans ce genre de cas que les centrales électriques temporaires pourront fournir une solution rapide et à coût réduit au problème « pas de vent = pas d’électricité ».

Source de l’article : Public Service Review : Central Government, Issue 20.